Aujourdʼhui jʼétais heureuse de me lever tôt pour faire mon yoga et ma méditation sur le bord de la piscine. Ruli nous avait dit que ce matin nous prenions cela “tranquilo”. Lorsque je revins à ma tente, il démontait le campement et me dit que le petit déjeuner était déjà servi. Pour la première fois depuis le début du voyage, je perdis la maîtrise de mes émotions, car je désirais retourner dans les bains et continuer de jouir de ce moment “tranquilo” avec moi-même. Je lui dis de ne pas mʼattendre, que je nʼavais point besoin de déjeuner (jʼai toujours des barres repas avec moi), mais le cuisinier ne le voyait pas ainsi, alors ils mʼont attendu presquʼune heure alors que je jouissais de ma baignade.
Nous sommes partis vers 10:00 pour entreprendre notre marche sur la voie ferrée nous menant jusquʼà Machu Picchu. Je me suis encore retrouvée à marcher seule avec mes pensées empreintes de frustrations. Jʼécoutais mon dialogue intérieur et ne comprenais pas comment je pouvais être dans cet état dʼesprit. Jʼai même snappé à notre gentil guide qui avait suggéré un changement au programme (parce que nous étions épuisés) pour cette marche longue mais facile, en lui disant au bout dʼune heure : “Alors cʼest cela ta marche ? Ce sera platte comme cela pendant 4 heures?”.
Puis je me mis à penser à Yves et à ce qui pouvait bien me déranger en lui. Cʼest alors que je pensai à un ex-employé, un thérapeute, que jʼavais engagé alors que jʼétais directrice du Spa au W. Je lʼavais engagé pour ses compétences, son intelligence et ses talents. Mais au bout dʼun an, il montait les autres employés contre moi et me faisait beaucoup de tort. Il voulait mon poste et prétendait pouvoir faire mieux. Nous avons eu beaucoup de différends. Jusquʼau point où la haute direction me suggéra de le congédier. Alors je compris que cʼétait cette situation non réconciliée et pardonnée en moi, qui me faisait vivre de l’insécurité face à Yves. Jʼavais peur inconsciemment quʼune fois de retour à Montréal, il me trahisse ou parle contre moi ou me fasse du tort.
Une fois cette prise de conscience faite, jʼai envoyé beaucoup dʼénergie dʼamour, à tous ceux impliqués (présent et passé et à moi-même) et demandé à Salkantay d’être libérée de tous les liens karmiques face à la trahison. Puis jʼai écouté de la musique joyeuse sur mon iPod. Jʼai rejoint les autres à la cascade. Je me suis immédiatement purifiée et j’ai nettoyé tous mes chakras de toute énergie dense, non harmonique (hucha), reliée à cette prise de conscience et à cet état dʼêtre qui mʼaccompagnait depuis le matin.
Dona Bernardina a préparé une Despacho avec 12 kintus et 2 kintus de 6 feuilles de coca pour chacun de nous. Dans la première de ces 2 kintus, nous avions insufflé notre prière de connexion avec les éléments, les Apus (esprits des montagnes sacrées, en particulier Salkantay, Umantay, Llanantay et Qallantay, Macchu Pichu et Huayna Picchu) proches de nous, Pachamama (Mère-terre), Mamacocha (les Eaux de Mère-terre) et Hatun Wiracocha (le créateur). Puis pour la deuxième, nous avons mis dans notre intention ce que nous désirions obtenir du Karpay quʼelle sʼapprêtait à nous transmettre (manifestation de notre potentiel, puissance, vision, compassion, sagesse, expansion de notre corps de lumière, etc. Une merveilleuse cérémonie Karpay bénie par la pluie avec ce petit bout de femme puissante, forte, enjouée, coquine, aimante. La Despacho fût enterrée sur les lieux.
Cette excursion se terminait à Machu Picchu. Yves et Betty se sont levés à 5:00 du matin pour y retourner. Hélène et moi avons choisi le réveil tardif (7:00 !) la détente, un massage relaxant pour $30, un peu de shopping au marché dʼAguas Calientes et un bon repas sur une terrasse. Retour à Cusco par le train de 13:30.