Flux
Articles
Commentaires

Aujourd’hui, nous montons à cheval pour nous rendre, au bout de 4 heures, à Ninaparayoc à 4,800 mètres dʼaltitude, tout près de Ausangate. Le brouillard nous prive d’admirer les montagnes majestueuses qui nous entourent. Cʼest ce que jʼappelle “avoir la tête dans les nuages” !

Après le lunch je me suis reposée et réchauffée dans ma tente en lisant le dernier livre dʼAlberto Villoldo, “Courageous Dreaming” (traduit en français sous le titre Le courage de rêver : comment les chamans créent le monde par le rêve). Il y suggérait dʼécrire des poèmes dans la forme “Haikus” (habituellement de 3 lignes, la 1ère de 5 syllabes, la 2e de 7 et la 3e de 5 syllabes) pour installer notre intention au niveau de notre âme. Le sujet de ces poèmes est généralement en lien avec la nature et tendent à éveiller les gens à leur sens dʼunion avec le divin. Voici ce que jʼai composé en 10 minutes à peine. Je suis désolée si vous ne comprenez pas car cʼest en anglais, et je ne crois pas que cela se traduise bien.

Freezing rain falling
on my tent while Iʼm reading
Ausangate laughing

Clouds over the peaks
I sure wish they would clear out
but instead they break free

The sky is crying
making our journey inward
the more challenging

Cold is the journey
to better warm the heart & soul
in prep for Karpay

Powerful it will be
Don Martin will sing us free
I will be happy

Don Martin a fait une cérémonie Despacho en fin dʼaprès midi pour demander permission aux Apus de cet endroit dont Ausangate et Huaynagate, et au lagoon Otorongo cocha lʼaccès à leur domaine, leur pouvoir et leur protection. Après avoir servi à nous purifier à tour de rôle, cette Despacho fût enterrée sur le site.

Cette expédition de 4 jours débute à Pacchanta, un petit village avec un petit bain thermal, très rustique. Rien à voir avec celui de Santa Thérésa. Nous arrivons là sous la pluie battante, le bus ne peut aller plus loin car la route est trop mauvaise sous la pluie (Et dire que lʼon se plaint de nos petits nids de poule au Québec !). Nous avons attendu une bonne heure que la pluie cesse pour marcher et transporter tout lʼéquipement et les bagages jusquʼau campement. Nous sommes découragés, nous avons froid et on nous dit que le lendemain il fera encore plus froid parce que nous serons à 1200 mètres plus haut. Me voilà misérable, je me demande ce que je fais là, quelle idée jʼai eu de faire cette expédition au début de la saison des pluies. Je veux tout annuler et repartir vers Cusco. Mais le bus ne revient nous chercher que dans 3 jours. Puis je me motive par la joyeuse présence de Don Martin et mon désir de me prouver à moi-même que je peux me dépasser et mériter mon Karpay (mon initiation).

Le soir Don Martin et Ruly vont au Bain Thermal et mʼy invitent pour que je me réchauffe, mais il fait tellement froid et humide, et tellement noir, que je ne trouve pas le chemin, même avec ma lampe de poche pour mʼy rendre. Je n’ai quasiment pas dormi, je nʼarrivais pas à me réchauffer.

Aujourdʼhui jʼétais heureuse de me lever tôt pour faire mon yoga et ma méditation sur le bord de la piscine. Ruli nous avait dit que ce matin nous prenions cela “tranquilo”. Lorsque je revins à ma tente, il démontait le campement et me dit que le petit déjeuner était déjà servi. Pour la première fois depuis le début du voyage, je perdis la maîtrise de mes émotions, car je désirais retourner dans les bains et continuer de jouir de ce moment “tranquilo” avec moi-même. Je lui dis de ne pas mʼattendre, que je nʼavais point besoin de déjeuner (jʼai toujours des barres repas avec moi), mais le cuisinier ne le voyait pas ainsi, alors ils mʼont attendu presquʼune heure alors que je jouissais de ma baignade.

Nous sommes partis vers 10:00 pour entreprendre notre marche sur la voie ferrée nous menant jusquʼà Machu Picchu. Je me suis encore retrouvée à marcher seule avec mes pensées empreintes de frustrations. Jʼécoutais mon dialogue intérieur et ne comprenais pas comment je pouvais être dans cet état dʼesprit. Jʼai même snappé à notre gentil guide qui avait suggéré un changement au programme (parce que nous étions épuisés) pour cette marche longue mais facile, en lui disant au bout dʼune heure : “Alors cʼest cela ta marche ? Ce sera platte comme cela pendant 4 heures?”.

Puis je me mis à penser à Yves et à ce qui pouvait bien me déranger en lui. Cʼest alors que je pensai à un ex-employé, un thérapeute, que jʼavais engagé alors que jʼétais directrice du Spa au W. Je lʼavais engagé pour ses compétences, son intelligence et ses talents. Mais au bout dʼun an, il montait les autres employés contre moi et me faisait beaucoup de tort. Il voulait mon poste et prétendait pouvoir faire mieux. Nous avons eu beaucoup de différends. Jusquʼau point où la haute direction me suggéra de le congédier. Alors je compris que cʼétait cette situation non réconciliée et pardonnée en moi, qui me faisait vivre de l’insécurité face à Yves. Jʼavais peur inconsciemment quʼune fois de retour à Montréal, il me trahisse ou parle contre moi ou me fasse du tort.

Une fois cette prise de conscience faite, jʼai envoyé beaucoup dʼénergie dʼamour, à tous ceux impliqués (présent et passé et à moi-même) et demandé à Salkantay d’être libérée de tous les liens karmiques face à la trahison. Puis jʼai écouté de la musique joyeuse sur mon iPod. Jʼai rejoint les autres à la cascade. Je me suis immédiatement purifiée et j’ai nettoyé tous mes chakras de toute énergie dense, non harmonique (hucha), reliée à cette prise de conscience et à cet état dʼêtre qui mʼaccompagnait depuis le matin.

Dona Bernardina a préparé une Despacho avec 12 kintus et 2 kintus de 6 feuilles de coca pour chacun de nous. Dans la première de ces 2 kintus, nous avions insufflé notre prière de connexion avec les éléments, les Apus (esprits des montagnes sacrées, en particulier Salkantay, Umantay, Llanantay et Qallantay, Macchu Pichu et Huayna Picchu) proches de nous, Pachamama (Mère-terre), Mamacocha (les Eaux de Mère-terre) et Hatun Wiracocha (le créateur). Puis pour la deuxième, nous avons mis dans notre intention ce que nous désirions obtenir du Karpay quʼelle sʼapprêtait à nous transmettre (manifestation de notre potentiel, puissance, vision, compassion, sagesse, expansion de notre corps de lumière, etc. Une merveilleuse cérémonie Karpay bénie par la pluie avec ce petit bout de femme puissante, forte, enjouée, coquine, aimante. La Despacho fût enterrée sur les lieux.

Cette excursion se terminait à Machu Picchu. Yves et Betty se sont levés à 5:00 du matin pour y retourner. Hélène et moi avons choisi le réveil tardif (7:00 !) la détente, un massage relaxant pour $30, un peu de shopping au marché dʼAguas Calientes et un bon repas sur une terrasse. Retour à Cusco par le train de 13:30.

Marchant encore la dernière, jʼai décidé de monter à cheval. Les autres ont pris, à pied, un chemin différent. Je croisais souvent des marcheurs provenant dʼautres groupes, et je devais avoir lʼair dʼune princesse sur mon cheval, accompagnée de mon jeune caballero marchant à côté pour guider mon cheval, porter mon sac à dos et voir à ma sécurité ainsi quʼà mes besoins.

Les pierres au sol étaient lumineuses, jʼai adoré ma promenade à cheval, en silence dans ce décor majestueux. Nous sommes arrivés aux bains thermaux de Santa Theresa, tout ébahis par la beauté de lʼaménagement du site. Cʼest comme une oasis, avec un microclimat tropical, qui est infestée de petites mouches noires. Nous sommes restés au moins 3 heures dans lʼeau, passant dʼun bain thermal à lʼautre, en alternant toujours avec le bain ou douche froide. Ce soir-là fut notre première nuit au Pérou où nous pouvions demeurer en tenue légère et enfin sentir que nous sommes ici presque en été. Même dans la jungle, cʼétait un peu frais le soir.

Après avoir fait et brûlé une despacho (à lʼaide de bouse de vache ramassée la veille, chemin faisant, par Hélène et Dona Bernardina !) nous sommes montés jusquʼau passage à 5,800 mètres, où nous avons fait des offrandes et totems de pierre pour se connecter et demander à Salkantay (la montagne de lʼénergie féminine non domestiquée) la permission dʼentrer dans son domaine et sa protection.

La descente étaient très accidentée et il était plus facile et sécuritaire de le faire à pied plûtot quʼà cheval. Je fermais encore la marche avec Ruli. Nous sommes arrivés en fin dʼaprès-midi à une rivière où Dona Bernardina nous a guidés dans un rituel de purification. Nous nous sommes dévêtus entièrement. Lʼeau était glacée, mais tout sʼest fait dans la douceur, la beauté et le respect. Nous nous sentions bien connectés avec lʼénergie féminine de cette montagne sacrée.

Cette nuit-là fut un peu moins froide. Le campement était dans une vallée, sur un petit terrain appartenant à une famille où toilette et douche champêtre étaient disponibles : wow le grand luxe ! Nous avons mis nos cagoules de carnaval péruvien et jʼai offert de la tire Sainte-Catherine aux résidents et à notre équipe. Ils ont trouvé cela bien drôle. Ici aussi, ils fêtent lʼHalloween mais ils ne se costument pas vraiment.

Pour les 4 prochains jours, nous allons être en excursion à Salkantay.

Avant de commencer cette excursion, jʼavais exprimé à lʼunivers mon besoin de me retrouver seule. Eh bien comme mes désirs sont toujours bien exaucés, je me suis retrouvée seule tout au long de cette excursion. Nous sommes montés en bus jusquʼà Mollepata et nous avons commencé lʼexcursion à Soraypampa. Jʼai pris quelques minutes pour offrir un bonbon et mettre du baume à lèvres à une petite fille, mais les autres (Dona Bernardina, Yves, Betty et Hélène) ne mʼont pas attendue.

Cela ne me dérangeait pas, je marchais seule sur la voie qui longeait la falaise jusquʼà ce que je voie sur le bord de la route un autel pour un québécois, Benoit Bossé, décédé à cet endroit. Alors là, la petite voix dans ma tête a commencé à se faire aller. Je marchais depuis une bonne heure et je ne voyais pas les autres devant à cause de la sinuosité de la route. Je nʼarrivais pas à les rejoindre car ils marchaient très vite. Arrivée à un point de vue absolument époustouflant, je me suis dit : “Tiens, moi aussi je pourrais mourir ici, et je mourrais heureuse”.

Je commençais à me demander si les autres nʼavaient pas pris un autre chemin. Jʼai ralenti davantage le pas, puis les chevaux et notre guide Ruli mʼont rattrapée. Jʼai terminé le reste du trajet, jusquʼau campement, à cheval. Le soleil se couchait et il faisait très froid. Comme nos bagages et vêtements chauds arrivaient avec les chevaux, les autres, qui finalement étaient arrivés depuis presquʼune heure, étaient complètement gelés. Nous nous sommes collés pour nous réchauffer pendant quʼils ont monté le campement.

Conversation avec Dona Julia, herboriste, sur lʼimportance dʼune bonne alimentation organique, de nettoyer le corps, le foie, lʼintestin, les reins pour être en santé et dʼéliminer aussi la caféine, la cigarette et lʼalcool. Lʼimportance aussi de réduire notre niveau de stress, de se connecter avec les plantes, les montagnes et la Mère-Terre. Elle travaille avec les plantes médicinales, les fruits, les fleurs, les feuilles, les racines et les insectes pour concocter une potion, un bain, ou un plastron médicinal. Cʼest un enseignement dont elle a hérité de sa mère, qui l’avait appris elle-même de sa mère, et grand-mère etc. Dona Julia doit trouver parmi ses petits enfants celui ou celle qui prendra la relève. Mais cʼest difficile parce que les nouvelles générations ne sʼintéressent que peu aux médecines traditionnelles.

Hélène et moi sommes allées en excursion à Pumamarca,  le village du puma, un site archéologique très peu visité des touristes. Il en émanait une grande paix et nous pouvions admirer une vue sublime sur toute la vallée dʼOllantaytambo. En méditant sur le bord de la falaise, jʼétais imprégnée dʼun sens dʼunité avec le vide de la vallée face à moi et avec la force des montagnes environnantes. Cʼest un magnifique endroit pour y faire une cérémonie de groupe. La descente, qui prend près de 2 heures, est facile et dʼun magnifique panorama, longeant les canaux dʼirrigation andins et la vallée. Nous avons aussi croisé un chemin de pierre original Inca.

Aujourdʼhui au village, cʼest fête, et il y avait une grande parade. Presque tout était fermé, mais nous avons tout de même trouvé un excellent resto pour le lunch. Une soupe miso et des raviolis végétariens exquis.

Nous voilà de retour dans la vallée sacrée, cette fois dans un hôtel plus modeste, à Ollantaytambo. Jʼespère y rencontrer Dona Julia, celle qui a une voix divine et qui communique avec les plantes. Cette après-midi nous avons escaladé la montagne située en face du temple du vent, que nous avions visité avec le groupe. Cʼest lʼendroit où nous pouvons voir le visage de Wiracocha dans le roc, de profil. Donc nous sommes montés pour méditer dans la couronne sur sa tête, avec le coucher du soleil derrière les montagnes face à nous. La montée est assez escarpée, et je dois constamment repousser mes peurs. Mais lʼeffort en vaut la récompense.

Ollantaytambo fête ses 135 ans, ainsi que lʼobtention dʼune subvention de 2 millions pour la restauration de ce village aux fondations, ruelles et canaux dʼirrigation Inca. Alors nous avons dansé parmi les villageois, nous étions comme des enfants.

Je suis allée aux services d’immigration. À lʼentrée au pays, tout le monde a obtenu un visa d’une durée de 90 jours, sauf moi, qui ai obtenu seulement 60 jours. Comme je souhaite rester au pays plus de 60 jours, les agents d’immigration mʼont répondu que je peux rester aussi longtemps que je veux, et payer la pénalité à la sortie ($1 par jour supplémentaire). C’est ce qui sera le plus économique, puisque je compte rester seulement 12 jours de plus.

Nous avons passé lʼaprès-midi avec Don Manuel et lui avons offert une session énergétique. Nos conversations étaient passionnantes et existentielles.

Jʼai fait du parapente en tandem. Je me suis donc jetée en bas de la falaise du parc de la mer, pour remonter ensuite dans le vent au-dessus des gratte-ciel. Cʼétait vraiment trippant de voler comme cela et plus agréable que le parachutisme.

Départ à 6:00 pour se rendre à Paracas, nous avons 3 heures de route à faire, avant de prendre le bateau de 10:00 pour les îles Ballestas. Une réserve faunique extraordinaire. Nous y avons vu des dauphins, des loups de mer, des phoques, des manchons, des pélicans, des fous de Bassan, des cormorans et plusieurs autres sortes dʼoiseaux. Les îles elles-mêmes sont magnifiques, cʼest comme une série de rochers percés. Il y a 2 gardiens qui y vivent, pour une durée de 3 mois à la fois.

Après un excellent dîner de poisson frais, nous sommes rentrés sur Lima… un autre 3 heures de route.

Messages Plus Anciens »